Comment prendre les sabots de votre cheval en toute sécurité ?

Alors je vous propose aujourd’hui une vidéo avec mon mari qui va vous expliquer comment éduquer votre cheval à donner les pieds.

Prendre les sabots : Transcription texte de la vidéo

Martin SEGUIN

Bonjour à tous!  Je me présente : je m’appelle Martin Seguin. Je suis maréchal ferrant depuis bientôt huit ans. Et aujourd’hui sur cette vidéo, je voudrais vous montrer comment aborder son cheval dans l’optique de lui prendre les pieds.

1/ Un bon point d’attache pour prendre les sabots de votre cheval

C’est important d’avoir un point d’attache sécurisé. Si vous travaillez avec un chevaloù l’anneau est mal scellé dans le mur ou à un piquet de clôture qui branle dès qu’on met la main dessus c’est extrêmement dangereux ! Ca vous en convenez ! Mais c’est pire s’il arrive un accident: si le cheval tire et qu’il arrache tout pour le remettre en confiance dans cet espace là, ça va être très très compliqué !

Donc d’abord dans un premier temps un point d’attaché sécurisé.

2/ Etre bien équipé pour prendre les sabots de votre cheval

Dans un second temps ce qui est important c’est d’être déjà bien équipé soi-même.
Il faut éviter les vêtements amples, éviter tout ce qui est bagues, bracelets.. les choses comme ça faut éviter!

3/ Avoir conscience de ses capacités physiques

Il faut aussi avoir conscience de son corps de ses capacités physiques. Moi je suis maréchal ferrant donc j’ai l’habitude de ça. Mais tout le monde doit être capable de prendre les sabots de son cheval ! Alors moi je fais 65 kg tout mouillé, je suis pas très gros mais bon j’ai la chance d’être un peu agile donc je sais que j’ai cet espace.

Je peux être très proche du cheval et très rapidement m’éloigner du cheval. si vous êtes un peu plus costaud ou si vous êtes moins fort, ce qui est important c’est vraiment d’avoir conscience qu’en un pas je suis capable de faire ça. ça c’est une chose.

4/ Avoir conscience des capacités physiques du cheval

cheval sabot éducation A dada mon dadouL ‘autre chose, c’est prendre en considération le cheval. Voilà donc là on a un cheval, un double poney type ibérique
qui s’appelle Soldat qui est assez souple, assez agile mais on pourrait avoir un cheval plus grand, plus massif qui peut aussi être agile ou qui peut être beaucoup plus lent.

Donc ça on prend aussi conscience que le cheval au point d’attache il peut évoluer. Le cheval à sa bulle, il faut la considérer et nous on a notre bulle il faut aussi la considérer. Donc ça c’était le troisième point.

5/ Avant de prendre les sabots, regarder l’attitude du cheval

Une fois qu’on a conscience de son propre corps et de l’espace que peut prendre le cheval et bien, on regarde le cheval. On regarde son attitude. Est ce qu’il est endormi ? Est-ce qu’il est alerte ?Est ce qu’il est à l’affût et est-ce qu’ils grattent de la patte… Ca ce sont des éléments hyper importants !

Donc là en l’occurrence on a plutôt un cheval alerte. Il a les oreilles dressées, il ne me regarde pas du tout
mais ça reste quand même un cheval qui est quand même relativement calme.

6/ Comment aborder le cheval ?

Alors moi je commence toujours par aborder le cheval, même si je ne connais pas toujours au niveau de l’encolure. Je ne fais jamais dans un premier temps la tête ou alors juste pour se faire renifler mais je ne touche pas.

Moi ce que j’aime bien c’est venir au niveau de l’épaule, remonter et puis venir poser ma main comme ça sur le garrot du cheval en étant sur le côté du cheval.

Quand il y a un cheval qui n’est pas attentif, qui est trop stressé, juste le fait de poser la main sur le garrot
(alors j’ai plutôt mettre ma main droite parce que je sens mieux avec ma main droite) et d’essayer de sentir les battements du cœur à travers le garrot.

E t là, on souffle. Moi ce n’est pas évident, je suis en train d’expliquer à la vidéo, mais on souffle. On essaie de faire le vide en soi, voilà.

Déjà c’est cool et ensuite ça permet au cheval de se détendre. Ca c’est un petit truc qui marche vraiment bien. Et à partir de là je vais prendre les sabots de mon cheval.

7/ Prendre les sabots avec envie

Pour prendre les sabots de son cheval, il faut déjà avoir l’envie de le faire. Si vous n’avez pas cette volonté en vous, le cheval ne va pas comprendre les messages de prendre les sabots. Il faut vraiment avoir l’envie. Je m’approche près du cheval, déjà je regarde le sabot. “Ca c’est le sabot que je veux c’est bon. Voilà j’ai envie de prendre le sabot”

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8/ Les positions de sécurité

Je ne vais pas le faire n’importe comment quand même. Je vais d’abord voir les positions de sécurité parce que un cheval ça reste un animal qui peut être dangereux avec ses sabots.

Donc pour les antérieurs, j’aborde toujours les fesses vers la tête du cheval. Je me mets sur le côté et je suis en contact à partir de l’épaule du cheval, d’accord ? Si c’est un grand cheval et bien juste en dessous de l’épaule et je suis en contact comme ceci et je viens chercher le contact d’épaule à épaule pour venir chercher prendre le sabot.

Là tout de suite le cheval il est obligé de réagir. Il faut que votre cheval puisse accepter ce contact là.

Prendre les sabots d’un cheval difficile

Alors si vous avez un cheval trop difficile et que nous vous n’arrivez pas à avoir ce contact là. Qu’il vous bouscule et que ça devient dangereux ? Et bien on va faire autrement !

J’utilise en général un objet long qui a fait le prolongement de mon bras (ça peut être un balais, ça peut être quelque chose) on peut être à distance de sécurité et on va venir toucher à l’épaule mais très vite on va venir toucher les membres du cheval, d’accord ? Vers l’arrière vers l’avant en essayant à ce que l’objet ne rebondisse pas si le cheval fait un geste, il faut essayer de coller le plus possible le manche, le balais et on va dire le manche au cheval. Si le cheval bouge, je vais accompagner pour éviter que le cheval se blesse de stress en venant taper sur le balais sinon ça engendre du stress de la douleur. Donc là je suis là et là je frotte.

Bon c’est assez facile avec Soldat, il ne fait rien de spécial. Là, il machouille déjà c’est cool
Il accepte complètement le contact. Je suis à côté, je viens poser mon épaule contre épaule et je baisse ma main
d’accord et là hop ! Je demande de plier le membre et je prends le sabot.

Comment prendre le sabot ?

Quand on prend un sabot, on met la main sur le sabot. S’il est plein de boue tant pis! Vous auriez pu brosser avant, tant pis pour vous !

On met la main sur le sabot. On n,e met pas la main sur le pli de paturon ou ici sur le canon parce que là on n’a pas du tout de prise. Si le cheval veut s’en aller il s’en va. Ici à partir du moment où j’ai la main sur le sabot
si le cheval veut se dérober, veut s’en aller, j’ai juste à me redresser tout en gardant la pince. Et là le cheval il est bloqué ou en tout cas vous allez bien plus de l’impact sur le cheval.

Je force à peine, j’ai juste du bout du doigt, je maintiens l’articulation et ça suffit.

Pour les postérieurs ?

Pour les postérieurs, je viens me placer le long du cheval, il doit accepter mon contact ici. Alors faites bien attention même ici. Un cheval peut venir me tacler la cuisse comme ça. Donc il faut toujours avoir un regard sur le cheval. Ce
n’est pas facile de regarder tout le temps la tête du cheval.

Par contre si on pose sa main sur les flancs du cheval, on sent déjà si le cheval est sous tension ou pas. Là il n’est pas sous tension, il n’y a pas de souci. Alors de même que pour les antérieurs si j’arrive pas à toucher le cheval
à être en contact avec le cheval je prends un objet comme ça.

Je viens glisser gentiment et il faut que le cheval puisse accepter ce contact là gentiment.

Regarder où j’ai mis ma main. Si le cheval me bouscule, j’ai juste à pousser mon bras et là je suis tout de suite loin du cheval.

Ca c’est un élément de sécurité.

Donc le cheval accepte le balais, je viens chercher le contact avec la main. Alors vous avez cette position là où je suis bien en arrière et je demande au cheval de ramener son membre sous le ventre et avec l’autre main, je viens prendre le sabot.

C’est très difficile de garder ça et pour vous et pour le cheval donc tout de suite quand j’arrive à prendre le sabot j’avance tout en gardant la main sur le sabot, j’avance.

Une autre position pour prendre les postérieurs : je mets la main sur le flanc  je viens chercher le postérieur.

Là je suis en sécurité : si jamais cheval bouge, hop je tends mon bras et je suis loin du cheval.

9/ La position du maréchal-ferrant

Maintenant on va prendre et garder les sabots dans une position de maréchal ferrant pour pouvoir travailler pour avoir les mains disponibles pour travailler le sabot.

les antérieurs

A partir de là je vais venir mettre ce sabot entre mes jambes. Dans cette position là il faut bien fléchir les genoux
il faut essayer de travailler le plus possible avec les genoux fléchis,c’est le jeu de la chaise.

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Ca muscle énormément les cuisses.
Et à partir de là j’ai mes deux mains. Et si le cheval bouge et bien je twist j’accompagne le cheval avec le bassin avec les genoux.

Alors également une autre position du maréchal ferrant pour travailler les sabots c’est d’amener le sabot vers l’avant pour travailler sur le dessus du sabot.
Je viens chercher le sabot. Je le pose sur le sommet de ma cuisse.
D’accord ? Donc çà, çà chauffe aussi les cuisses très fortement alors c’est bien d’avoir un trépied pour faire ça.

De là, on pourra travailler le dessus.

Les postérieurs

Pour les postérieurs je prends le sabot avec cette main là, je garde le sabot et tout de suite j’avance et je soulève le membre pour venir le poser sur ma cuisse et calée sur le haut de ma hanche.

Donc là dans cette position là si je suis bien en arrière du cheval et dans l’axe du cheval je peux vraiment lever haut.
y’a pas de soucis.

Finalement les postérieurs c’est plus pratique … c’est plus facile je trouve. Je suis vraiment posé, collé
posé sur le cheval et je peux rester comme ça !

Voilà donc  : le paturon, le boulet sur la cuisse, au niveau du jarret venir à le caler sur la hanche et là c’est bon je peux travailler toujours les genoux fléchis.

Pareil que pour les antérieurs, si vous sentez que le cheval ne tient pas la position. S’il est prêt à partir on peut maintenir la pince en l’air et là je me redresse : les épaules en arrière et je me redresse comme un cavalier et je repose.

Pour les postérieurs le cheval on va lui prendre les sabots hop, je maintiens à la pince et je vais me glisser
sous le ventre du cheval et venir poser le sabot sur le haut de la cuisse comme ceci.

Là on peut travailler la partie extérieure du sabot avec la rape par exemple ou pour dériver les clous.

Ensuite pour aller à l’intérieur et bien je garde toujours ma pince je change de mains, je pivote et là je me positionne
comme ceux ci. Et là pour le coup le sabot n’est plus posé au début du genoux. Il faut faire attention dans cette position-là de ne pas être trop  les fesses vers l’arrière, essayez de ramener le bassin à la perpendiculaire du cheval.

Ce n’est pas très agréable comme position on va pas la garder très longtemps.

10/ Quand le cheval ne donne pas les pieds

Là je vous ai présenté on va dire assez théoriquement parce que le cheval il ne bouge pas beaucoup. Il est gentil tout plein mais il peut arriver que le cheval ne veuille pas lever les sabots. Il est vissé complètement sur le sol.

En fait de stress il tétanise tous les membres et c’est très compliqué de soulever le sabot.

Alors bon d’abord faut réussir à avoir une attitude détendue de la part du cheval. Il ne faut pas non plus être stressé ça ne sert à rien de crier.

Il y a un truc qui marche pas mal c’est de pincer les châtaignes.

Je pince ses châtaignes jusqu’à ce que voilà hop là le cheval a été obligé de soulever le membre.
La clé pour maintenir un sabot pour pouvoir travailler, la clé c’est venir vraiment plier cette articulation : la dernière articulation du membre, d’accord?

Une fois qu’elle est plié c’est gagné ! Là vous allez avoir beaucoup plus d’appuis que le cheval, d’accord ?

Donc à partir du moment où j’ai ça, hop, je me redresse, car vous avez beaucoup plus de force les épaules vers le haut que les épaules vers le bas.

Le fait de pincer les châtaignes c’est pas quelque chose de très agréable pour le cheval. C’est vraiment un petit peu pour l’embêter donc quand on peut faire sans on fait sans.

A vous de prendre les sabots de votre cheval !

Voilà j’espère que ces quelques conseils pour prendre en sécurité les sabots de votre dadou vous ont aidé. Si vous arrivez à prendre régulièrement les sabots de votre cheval de cette façon là eh bien ça va être du stress en moins pour lui et du temps gagné pour le maréchal ferrant.

A bientôt pour une prochaine vidéo !

Pour aller plus loin : Maréchalerie, évaluer l’usure d’une ferrure

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