Quand j’ai acheté mon premier cheval, j’avais 20 ans. On pourrait croire que ce jour était un bonheur du matin au réveil jusqu’au soir au coucher… Pourtant, quand je repense à cette journée, c’est le doute et l’inquiétude qui restent le plus gravés dans ma mémoire. Pourquoi ? Et bien parce que j’ai décidé de ne pas l’acheter …

annonce journal cheval à vendre
AV joli cheval type espagnol, 3 ans, gentil, cavalier expérimenté

J’avais trouvé ce cheval dans une annonce, sur un journal local, la Manche Libre : « Av joli cheval type espagnol, 3 ans, gentil, cavalier expérimenté ». Le prix était un peu plus cher que mes économies mais bon, un prix ça se négocie, donc je prends rendez-vous et je vais voir le cheval, accompagné de mon père, qui est professionnel. Je lui demande de m’accompagner parce que j’ai une boule au ventre.

La peur de faire une énorme bêtise !

Et si ce n’était pas le bon ?

Et si je me trompais ?

J’avais déjà des chevaux à moi, parce que mon père avait un centre de randonnée équestre, et j’avais la chance d’avoir une ponette, Betty, avec laquelle j’ai fait mes débuts, Domino, mon double poney avec lequel j’ai fait des concours et un petit pur-sang réformé des courses, au joli nom de Play-boy.

Mais là c’était différent. Parce que j’allais acheter MON cheval, avec Mon argent.

Et j’avais une pression de malade !

On arrive chez le vendeur. Les chevaux sont mal entretenus. Le gars à l’air au bord de la dépression. On entend des chevaux hennir. Le gars nous dit « ils font chier à gueuler toute la journée pour avoir à bouffer ! »

Pourtant, « à bouffer », ils n’en avaient pas tant que ça.

Le « beau cheval type espagnol », était en fait cadavérique. A tel point que j’ai refusé de le monter, trop maigre. Le cheval a l’œil vif, mais son état est honteux et le gars est ferme sur le prix.

Je me souviens que c’était un déchirement.

J’avais très envie d’acheter ce cheval mais pas pour « de bonnes raisons ».

J’avais envie d’acheter ce cheval pour le sortir de là.

Mais il fallait que j’achète un cheval avec un potentiel, pour pouvoir réaliser mon rêve : partir en randonnée, faire de l’équitation de pleine nature, faire du dressage, de l’endurance, ouvrir mon centre équestre …

Ouvrir mon centre équestre …

Comment je vais pouvoir ouvrir un centre équestre et assurer la rentabilité financière si au premier cheval maltraité que je croise, je craque et j’achète au-delà de mon budget, sans même pouvoir l’essayer …

Je refuse donc le cheval.

On salue le vendeur, et on s’en va.

Pendant toute la « transaction », mon père n’a rien dit, il ne voulait pas influencer mon choix, c’était mon cheval, mon argent, ma décision.

Sur la route du retour, je suis prise de remords. Je n’ai qu’une envie, sortir le cheval de là, l’enlever des mains de ce connard qui le maltraite ! Mais je ne dis rien. Toute la route du retour se fait dans un silence étouffant. Intérieurement, je bouillonne, je suis tiraillée.

On arrive à la maison. Mon père coupe le moteur, me regarde et dit : « ça aurait pu faire un bon petit cheval ». Je le sais, je le sais !! Mais je suis perdue, je ne sais pas quoi faire.

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téléphone

Quelques heures plus tard. Je ne tiens plus. Je prends le téléphone, je rappelle le gars. Il a bien flairé l’affaire. Il sait que je veux le cheval, il ne négociera pas d’un seul centime, sans aucune honte pour l’état dans lequel il présente ce pauvre cheval.

Tant pis, je vais peut-être me faire avoir mais au moins, je l’aurais sorti de là. Je craque ma tirelire, on repart, on va le chercher.

C’est ainsi que j’ai acheté mon premier cheval, Luis, sans même l’essayer, à un prix bien au-dessus du marché et dans état pitoyable.

C’est ainsi que j’ai acheté le meilleur cheval de ma vie !!

mon cheval luis
C’est ainsi que j’ai acheté le meilleur cheval de ma vie !!

C’était un coup de poker, mais les cartes étaient bonnes.

Il a fallu d’abord attendre quelques mois que Luis regrossisse. Puis il a fallu le débourrer. Car malgré le texte de l’annonce, le cheval n’était pas du tout mis. Il avait dû être débourré à la va vite sans aucune base. Pour monter, il fallait soit le faire en marche et se dépêcher car en moins de deux il partait au galop. Et si on voulait le monter à l’arrêt, il se cabrait…avant de partir au galop.

Pourtant, malgré sa nervosité, c’est le cheval le plus gentil que je n’ai jamais rencontré. A l’époque j’étais serveuse en boulangerie. Je travaillais très tôt le matin, et je le montais tous les après-midis. On a connu des hauts et des bas. Mais un an après, nous passions notre galop 7 ensemble. Et quatre ans plus tard, j’ouvrais mon centre équestre.

ferme equestre du gue

Et Luis est devenu le leader de tous. Il était très charismatique et dominant. Tous les autres chevaux l’ont donc suivi, dans le pré, en carrière, en randonnée … C’est grâce à lui que tous mes jeunes chevaux ont été si faciles à mettre. Je les ai débourrés, et Luis a fait le reste !

La plupart d’entre vous, qui suivez le blog A dada mon dadou, êtes propriétaires d’un cheval. Et vous aussi, vous savez que ça n’est pas facile d’avoir un cheval. C’est certes un rêve de petite fille qui se réalise mais c’est aussi très difficile.

On a envie de bien faire, on a envie d’avoir une grande complicité, on a envie de faire pleins de choses avec, mais la vérité c’est que la réalité n’est pas facile au quotidien. On jongle entre des moments de bonheurs et de plaisirs certes, mais aussi avec des moments de doute, de frustration, de colère, de culpabilité et surtout des moments de peur.

On est assailli d’un cocktail d’émotions qu’on ne comprend pas vraiment bien nous-même et on a du mal à l’expliquer à notre entourage. On a peur de mal faire, on n’a peur d’échouer, on a peur de réussir aussi, on a peur de tomber, on a peur que notre cheval ne nous aime pas, on a peur du regard des autres… On a peur et on se sent seul. On se sent seul car dans notre entourage personne ne nous comprend vraiment. Pour eux, ben t’as un cheval et tu montes dessus, point barre. Faut pas se poser trop questions.

Du coup, on doute encore plus mais on n’en parle moins.

Pourtant c’est normal qu’on ressente tout cela parce qu’avoir un cheval c’est tellement important pour nous. C’est tellement important qu’on se met la barre trop haute, trop de pression, on ne se laisse pas le droit à l’erreur.

Je reçois beaucoup de témoignages très poignants de lecteurs du blog qui sont en échecs avec leur cheval. Qui ont réalisé leur rêve en devenant propriétaires mais qui sont tétanisés à l’idée de le monter, soit parce qu’ils ont fait une chute, soit parce qu’ils ont ressenti une grande peur suite à une ruade ou à un départ au galop … Ou même sans raison apparente, parce que la peur est sournoise et s’est installée petit à petit, sans que l’on s’en rende compte, une peur sourde et profonde, qui fait mal au ventre et qui empêche de respirer.

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On pourrait croire que tous ces cavaliers sont tristes, déçus ou en colère. Et bien non, dans leurs témoignages, à chaque fois, c’est la culpabilité qui est la plus présente.

Ils se sentent coupables d’avoir un cheval à la maison et de ne même pas être capables de le monter. Ils se sentent nuls.

Et vous savez pourquoi ?

Parce que la peur est un tabou en équitation. Personne n’en parle jamais. Aucun moniteur ne va vous dire que vous avez peur, que c’est normal. Que la peur est un sentiment partagé de tous les cavaliers à un moment ou un autre et que la peur est là pour vous protéger. Pour vous dire de faire attention parce que ce que vous faites est très important pour vous, parce que c’est votre rêve.

Et c’est pourtant la réalité.

Il est possible d’avancer malgré la peur mais pour cela, il faut avoir les outils nécessaires pour la comprendre, la connaitre, se l’approprier et enfin la dépasser.

La plupart des personnes qui ont suivi la formation Adrénaline pensaient qu’ils étaient nuls. Qu’ils étaient seuls. Et se sentait coupables de ne pas être capables.

Pourtant, en suivant les cours et en échangeant avec leur binôme, avec le groupe Facebook et avec les séances de coaching, ils se sont rendus compte que les autres cavaliers vivaient exactement les mêmes choses qu’eux et que eux aussi se croyaient seuls et incapables.

Et ils ont progressé et évolué ensemble. Ils se sont soutenus, encouragés. Ils ont partagé leurs doutes, leurs échecs et leurs réussites.

Au lieu de se sentir jugés, ils se sont sentis accueilli et compris.

Véronique et sa jument Cerise, à la fin du module 1 de la formation Adrénaline

Mais reconnaître et comprendre sa peur est une chose. La dépasser en est une autre lorsqu’il s’agit d’équitation. Car nous avons un animal qui ressent les moindres tressaillements de notre être, et qui y est réactif, nous avons un animal qui a une très grande intelligence émotionnelle.

Gérer sa peur en équitation, cela veut donc dire comprendre son cheval, arriver à penser cheval, et savoir calmer son état intérieur pour communiquer cet état de détente à son cheval. Arriver à se connecter tous les deux sur la même énergie, que j’aime appeler « l’énergie douce de la nature », qui est une sorte d’osmose dans le couple cavalier cheval.

C’est tout cela que l’on partage dans la formation Adrénaline.

Ce n’est pas remettre le pied à l’étrier et ravaler sa peur, la cacher au fond de soi et avancer coûte que coûte.

C’est apprendre à se connaitre, apprendre à connaitre son cheval et enfin apprendre à communiquer ensemble.

Si vous ne voulez pas passer des années à regarder votre cheval vieillir et vous regarder comme un parfait inconnu,

Il est temps de ne plus laisser la peur vous priver de votre passion.

Il est temps de remettre le pied à l’étrier et de réaliser ce sont vous aviez rêvé quand vous l’avez acheté.

Il est temps de réaliser ce rêve de gosse qui vous tenez tellement à cœur.

Hawai, mon nouveau cheval pendant que Luis profite d’une belle retraite

Si comme Véronique, Dominique, Mégane, Françoise, Sophie, Danielle, Agnès, Marion et les autres membres du groupe privé, vous voulez rejoindre la formation Adrénaline, les portes de la formation sont encore ouvertes jusqu’au 11 juin.

J’ai hâte de vous retrouver de l’autre côté et de recevoir une photo de vous souriant sur le dos de votre dadou.

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