Si vous montez depuis quelque temps, vous avez sans doute déjà vécu cette situation :
vous savez ce que vous voulez obtenir…
mais le résultat ne correspond pas vraiment à ce que vous aviez en tête.
Votre cheval avance, tourne, s’arrête.
Et pourtant, quelque chose ne colle pas.
Il manque de précision.
De légèreté.
De fluidité.
Vous sentez que votre cheval pourrait se déplacer autrement.
Plus équilibré. Plus juste. Plus confortable.
Mais vous ne savez pas encore pourquoi il ne le fait pas… ni comment l’y aider.
Et très souvent, à ce stade, on pense que le problème vient :
– du cheval,
– du manque de travail,
– ou du fait de ne pas faire « les bons exercices ».
En réalité, la majorité des blocages que vivent les cavaliers à ce moment-là
ont une racine beaucoup plus simple… et beaucoup plus profonde.
C’est exactement ce que je voudrais vous montrer aujourd’hui.
(Cet article est le deuxième d’une série : De la sensation à la finesse, 3 articles pour comprendre ce qui change vraiment dans votre équitation. Découvrez le premier article ici : Quand tenir à cheval ne suffit plus)
Le déplacement du jeune cheval au pré

Comment se déplace naturellement un jeune cheval ?
Quand on observe un jeune cheval de 3 ou 4 ans qui se déplace librement dans son pré,
on remarque quelque chose de très simple…
Naturellement, son équilibre n’est pas réparti de manière égale.
En moyenne, il porte environ deux tiers de son poids sur l’avant-main,
et un tiers sur l’arrière-main.
Son encolure est plutôt basse, étendue,
son mouvement est confortable pour lui.
C’est un équilibre fonctionnel, parfaitement adapté à sa vie… sans cavalier.
Et quand il tourne — par exemple lorsqu’il joue avec ses copains de pré —
il se penche vers l’intérieur, un peu comme une moto dans un virage,
surcharge naturellement son épaule interne,
et, pour ne pas tomber, il met le bout de son nez vers l’extérieur.
Il y a un point essentiel à comprendre :
👉 Ce déplacement n’est ni faux, ni mauvais.
👉 Il est simplement naturel. C’est la façon la plus simple, la plus efficace et la plus sécurisante pour un cheval…
tant qu’il n’a pas de cavalier sur le dos.
Pourquoi cet équilibre devient problématique avec un cavalier ?
Le problème apparaît au moment où l’on ajoute… le cavalier.
Le poids du cavalier vient accentuer la surcharge naturelle de l’avant-main.
Et c’est un point souvent méconnu :
environ deux tiers du poids du cavalier sont supportés par l’avant-main du cheval.
Autrement dit, un cheval qui, sans cavalier, portait déjà naturellement plus de poids devant,
se retrouve encore davantage chargé sur ses épaules.
Très concrètement, cela se traduit par des sensations et des difficultés bien connues :
- un cheval lourd dans la main, qui s’appuie sur le mors,
- une difficulté à tourner, surtout sur les cercles et dans les coins,
- des transitions longues, peu nettes,
- une perte de précision dans les demandes.
Et ce n’est ni un problème de bonne volonté du cheval,
ni un manque de travail.
C’est simplement la conséquence directe de son équilibre…
accentué par le poids du cavalier.
Le travail du cavalier : transformer l’équilibre du cheval
Ce que fait réellement le travail sur le plat
Le travail sur le plat n’a pas pour objectif de « faire joli »
ni d’enchaîner des figures pour le principe.
Son rôle est profond, fondamental même !
Par un travail progressif et cohérent, le cavalier va aider le cheval à :
- déplacer progressivement du poids vers son arrière-main,
- se redresser,
- et apprendre à se porter avec le cavalier sur le dos,
plutôt que de subir son poids sur l’avant-main.
Ce travail permet au cheval de retrouver, avec un cavalier,
un équilibre plus proche de celui qu’il avait… sans cavalier.
Pour y parvenir, on utilise des outils bien connus,
mais dont le rôle réel est souvent mal compris :
- les transitions,
- le travail sur le cercle,
- l’incurvation,
- la rectitude.
Pris séparément, ces exercices peuvent sembler techniques ou répétitifs.
Mais utilisés avec intention,
ils deviennent de puissants leviers pour transformer l’équilibre du cheval.
La notion clé : être droit sur le cercle

C’est souvent ici que naît une grande confusion.
Beaucoup de cavaliers pensent que tourner,
c’est simplement… tourner.
Mettre le cheval sur un cercle, orienter l’encolure, suivre la piste.
Et pourtant, tourner et être droit sur un cercle sont deux choses très différentes.
Un cheval peut parfaitement suivre un cercle…
tout en étant déséquilibré.
Dans ce cas, il se penche vers l’intérieur,
surcharge son épaule interne,
et « tombe » dans la courbe.
Pour compenser, il se contre-incurve,
et le cavalier a souvent l’impression de devoir corriger en permanence.
Être droit sur un cercle, ce n’est pas empêcher le cheval de tourner.
C’est lui apprendre à se porter correctement dans la courbe.
L’idée est simple — mais fondamentale :
apprendre au cheval à basculer une partie de son poids vers son épaule extérieure,
au lieu de s’effondrer sur l’épaule intérieure.
C’est à ce moment-là que le cercle devient un outil d’équilibre,
et non plus un lieu de lutte.
Très progressivement, grâce à l’action combinée de la jambe intérieure
(qui invite le cheval à s’engager et à se redresser)
et de la rêne extérieure
(qui canalise, régule et stabilise l’équilibre),
le cheval apprend à se tenir.
Et c’est là un point clé à retenir :
👉 La direction est avant tout une question d’équilibre, pas de traction.
Quand l’équilibre est juste,
la direction devient presque évidente.
Quand l’équilibre est faux,
tirer davantage ne fait qu’accentuer le problème.
La phrase révélation
« Un cavalier débutant sur un cheval très dressé le ferait se déplacer comme un jeune cheval. »
Pourquoi cette phrase change complètement votre regard ?
Cette phrase est dérangeante…
parce qu’elle vient bousculer une idée très répandue.
Quand quelque chose ne fonctionne pas, on pense spontanément :
- « Mon cheval est mal dressé »
- « Il manque de travail »
- « Il n’est pas assez avancé »
Et c’est humain.
Mais en réalité, l’équilibre du cheval dépend directement du cavalier qui est sur son dos.
Plus précisément, il dépend :
- des aides utilisées,
- de leur timing,
- et surtout de leur ordre.
Un cavalier débutant — même très volontaire —
ne sait pas encore quelles aides utiliser,
ni comment les hiérarchiser.
Résultat :
même un cheval très dressé, très avancé,
va naturellement revenir à un équilibre plus « basique »,
proche de celui d’un jeune cheval.
Et c’est un point fondamental à comprendre :
👉 Ce n’est ni une faute, ni une erreur.
👉 C’est une étape normale dans l’apprentissage du cavalier.
Cette phrase ne dit pas : « le cavalier fait mal ».
Elle dit :
le cavalier est en train d’apprendre à agir sur l’équilibre du cheval.
Ce que cela révèle sur le cavalier en progression
Dans les premières années d’équitation,
le cavalier est avant tout concentré sur sa position.
Il cherche à trouver son équilibre,
à rester en selle,
à accompagner les allures,
à gérer ses émotions.
Et c’est normal.
À ce stade, il ne sait pas encore :
- quelles aides utiliser,
- comment les hiérarchiser,
- dans quel ordre les appliquer.
Résultat :
même sur un cheval très avancé, très dressé,
l’équilibre revient naturellement à quelque chose de plus basique.
Non pas parce que le cheval « régresse »,
mais parce que les aides nécessaires pour maintenir un équilibre plus fin
ne sont pas encore clairement organisées par le cavalier.
👉 Et c’est exactement ce qui se passe chez les cavaliers qui ont dépassé le stade “tenir à cheval”.
Ils ne sont plus débutants.
Mais ils ne disposent pas encore de tous les outils
pour agir avec précision sur l’équilibre du cheval.
Et c’est là que tout commence vraiment.
Le vrai problème n’est pas le manque d’exercices
Pourquoi “faire plus” ne résout rien
Quand quelque chose ne fonctionne pas,
le réflexe le plus courant est de faire plus.
Plus d’exercices.
Plus de répétitions.
Plus de consignes.
Et pourtant…
👉 Multiplier les exercices ne fait pas forcément progresser.
Si on ne comprend pas ce que l’on cherche à modifier,
on répète simplement les mêmes schémas.
👉 Recevoir davantage de consignes ne garantit pas la compréhension.
Entendre « redresse-toi », « pousse plus », « tiens mieux »
sans savoir pourquoi ni comment l’appliquer
laisse le cavalier dans le flou.
👉 Changer de cheval ne règle pas le fond du problème.
Les sensations changent parfois…
mais les mêmes difficultés finissent par réapparaître ailleurs.
Dans tous ces cas, le problème n’est ni la motivation,
ni la bonne volonté,
ni le sérieux du cavalier.
Le problème est ailleurs.
Il se situe dans ce qui manque entre ce que l’on ressent
et ce que l’on fait réellement à cheval.
Le vrai problème : trois mondes séparés
En réalité, le blocage que vivent beaucoup de cavaliers ne vient pas d’un manque de travail,
ni d’un manque de motivation,
ni même d’un manque de niveau.
Il vient du fait que trois mondes essentiels restent souvent séparés.
D’un côté, il y a ce que vous ressentez à cheval.
Des sensations bien réelles, parfois très fines… mais difficiles à interpréter.
De l’autre, il y a ce que le cheval fait réellement dans son corps.
Son équilibre, son engagement, ses compensations — souvent invisibles si on ne sait pas quoi regarder.
Et enfin, il y a ce que vous faites concrètement avec vos aides.
Ce que vous demandez, comment vous le demandez, à quel moment, et dans quel ordre.
👉 Tant que ces trois dimensions ne sont pas reliées entre elles,
le cavalier agit un peu à l’aveugle.
Il ressent des choses,
il essaye de corriger,
mais sans toujours comprendre ce qu’il corrige réellement
ni comment ses aides influencent l’équilibre du cheval.
Et c’est exactement là que se situe le vrai levier de progression.
Les 3 mondes que les cavaliers vivent séparément

Monde n°1 : ce que vous ressentez à cheval
Imaginez une séance tout à fait classique.
Vous êtes à cheval, en carrière.
Au pas, tout va bien.
Vous prenez le trot.
Au bout de quelques minutes, quelque chose apparaît dans votre corps.
Vous sentez que votre cheval s’appuie un peu plus dans la main.
Pas franchement.
Juste assez pour que vos bras se figent légèrement.
Sur le cercle, vous avez l’impression qu’il tombe vers l’intérieur.
Vous corrigez.
Il se redresse… puis recommence.
Vous demandez une transition descendante.
Vous avez le sentiment de demander au bon moment.
Et pourtant, l’arrêt arrive…
deux ou trois foulées plus loin que prévu.
Vous repartez au trot.
Puis vous demandez le galop.
Soit il part au grand trot.
Soit il part au galop… mais pas exactement comme vous l’aviez imaginé.
Et parfois, vous doutez même du pied.
À ce moment-là, vous ressentez clairement qu’il se passe quelque chose sous vous.
Mais c’est difficile à formuler.
Vous sentez :
- qu’il pèse davantage,
- qu’il résiste un peu,
- que la réponse n’est pas franche,
- que ce n’est pas “fluide”.
Et pourtant…
si quelqu’un vous demandait exactement ce qui ne va pas,
vous auriez du mal à mettre des mots précis dessus.
Vous savez juste une chose :
👉 “Ce n’est pas exactement ça.”
Et c’est là toute la difficulté de ce premier monde :
le ressenti est bien là,
mais tant qu’il reste diffus,
il ne permet pas encore d’agir avec justesse.
Monde n°2 : ce que le cheval fait réellement dans son corps
Maintenant, reprenons exactement la même séance…
mais regardons-la du point de vue du corps du cheval.
Quand vous sentez qu’il s’appuie un peu plus dans la main,
ce n’est pas une question d’obéissance.
Très souvent, cela signifie qu’il porte trop de poids sur son avant-main.
Son équilibre bascule vers l’avant,
et mécaniquement, il a besoin de s’accrocher quelque part pour se stabiliser.
Quand, sur le cercle, vous avez l’impression qu’il tombe vers l’intérieur,
ce n’est pas qu’il “tourne mal”.
C’est généralement que :
- son épaule interne est surchargée,
- et que son corps n’est pas assez soutenu par l’arrière-main.
Quand les transitions descendantes sont longues,
que l’arrêt arrive deux ou trois foulées après votre demande,
ce n’est pas parce qu’il n’a pas entendu.
C’est souvent parce qu’il ne peut pas s’arrêter plus tôt :
son poids est trop engagé vers l’avant,
et il lui manque la capacité de se rééquilibrer vers l’arrière.
Et lorsque le départ au galop devient flou —
grand trot, mauvais pied, manque de netteté —
cela traduit bien souvent :
- un manque d’engagement d’un postérieur,
- et une difficulté à organiser son corps pour produire un départ équilibré.
Même certaines résistances plus discrètes —
une mâchoire un peu fixe,
une nuque qui se crispe,
une encolure qui se raccourcit —
sont des signes d’un corps qui se défend,
parce qu’il manque d’équilibre et de confort.
👉 Chaque sensation que vous ressentez correspond donc à quelque chose de très concret dans le corps du cheval.
Et comprendre cela,
ce n’est pas “faire de la biomécanique pour faire savant”.
C’est simplement arrêter d’agir à l’aveugle,
et commencer à intervenir au bon endroit,
pour aider réellement le cheval à mieux se porter…
avec vous sur le dos.
Monde n°3 : ce que vous faites avec vos aides
Et c’est souvent ici que tout se complique.
Parce que, dans les faits,
beaucoup de cavaliers savent ce qu’ils veulent demander.
Avancer.
Ralentir.
Tourner.
Partir au galop.
S’arrêter plus net.
Le problème n’est pas l’intention.
Le problème, c’est que très peu de cavaliers savent réellement :
- comment formuler cette demande avec leurs aides,
- quand exactement intervenir,
- et surtout dans quel ordre.
Alors, sans même s’en rendre compte, on agit souvent :
- avec des aides trop fortes,
- ou trop rapides,
- ou qui arrivent toutes en même temps, sans hiérarchie.
Une jambe qui pousse pendant que la main retient.
Une demande de départ au galop alors que l’équilibre n’est pas prêt.
Une correction de direction alors que le cheval est déjà en difficulté dans son corps.
Résultat :
le cheval reçoit des messages confus,
il répond “comme il peut”…
et le cavalier a l’impression de devoir en faire toujours plus pour obtenir quelque chose.
👉 Ce n’est pas que votre cheval ne comprend pas.
👉 Ce n’est pas que vous manquez de volonté.
C’est simplement que, sans une organisation claire des aides,
même une très bonne intention devient floue pour le cheval.
Et c’est précisément là que beaucoup de cavaliers restent bloqués,
malgré leurs sensations,
malgré leur envie de bien faire,
malgré leur niveau.
La clé oubliée : l’échelle de progression des aides
Pourquoi les aides ne sont pas “on / off”
Quand quelque chose ne fonctionne pas à cheval,
on a souvent un réflexe très humain :
👉 en faire plus.
Plus de jambes.
Plus de mains.
Plus de corrections.
Comme si une aide était soit :
- absente,
- soit forte.
Mais une aide ne fonctionne pas comme un interrupteur.
Entre “je ne fais rien”
et “j’agis fort”,
il existe tout un chemin intermédiaire.
Une progression logique,
du plus discret
au plus visible.
À quoi sert réellement l’échelle de progression ?
Si le cheval ne répond pas, on va amplifier nos aides.
On agit.
Le cheval ne répond pas.
On insiste.
Il finit par répondre.
On relâche la pression.
Les écuyers d’autrefois appelaient cela :
agir, résister, céder.
Le problème apparaît… la fois suivante.
Pour redemander le même exercice,
le cavalier ne repart pas de l’aide la plus fine.
Il utilise directement le niveau de pression qui avait fonctionné la fois d’avant.
Sans s’en rendre compte,
il prive le cheval d’une chose essentielle :
👉 la possibilité de répondre à l’aide la plus discrète qui soit : l’intention.
Petit à petit, le cheval apprend que :
- les aides légères ne sont pas significatives,
- seule une aide plus forte mérite une réponse.
Et c’est ainsi que l’on crée, malgré soi :
- des chevaux “froids” aux aides,
- des réponses de plus en plus lentes,
- et des séances où l’on a l’impression de devoir batailler sur chaque exercice.
On cherchait la finesse.
On voulait de la légèreté.
Et on se retrouve à pousser, tenir, insister… de plus en plus.
👉 Le problème n’est pas que le cheval ne veut pas répondre.
👉 Le problème, c’est que les aides ne sont plus progressives, hiérarchisées et réinitialisées.
Comprendre et utiliser une vraie échelle de progression des aides,
c’est redonner au cheval la possibilité de répondre :
- d’abord à l’intention,
- puis à une aide légère,
- avant seulement d’augmenter si nécessaire.
Et surtout…
c’est savoir revenir à la finesse dès que la réponse est acquise.
C’est là que l’équitation change profondément de nature.
Lien direct avec les problèmes quotidiens
En comprenant cette échelle de progression des aides,
et surtout l’importance du bon timing pour les utiliser —
ce que l’on appelle le tact équestre —
beaucoup de situations que vous vivez au quotidien à cheval
vont soudain prendre du sens.
Un départ au galop raté ?
Le cheval avait trop de poids sur l’avant-main.
Vous avez demandé le départ alors qu’il n’était pas prêt à pousser avec ses postérieurs
pour un galop par prise d’équilibre.
Des transitions longues et floues ?
À nouveau, un cheval qui ne peut pas s’arrêter plus tôt
parce qu’il porte trop de poids devant…
et s’appuie sur le mors.
Avant de demander la transition,
il est nécessaire de bien s’asseoir dans la selle,
de mettre des jambes pour redresser le cheval
et activer ses postérieurs.
Un cheval qui s’appuie sur la main ?
Trop souvent, un cavalier qui manque de jambe.
Rien ne sert de tirer :
des aides trop fortes avec les mains
apprennent au cheval à s’appuyer plutôt qu’à se porter.
👉 Ce n’est pas que votre cheval ne comprend pas.
👉 C’est que vos aides ne sont pas encore hiérarchisées
et synchronisées avec son équilibre.
Et tant que cette organisation n’est pas claire,
vous pouvez multiplier les exercices,
changer de figure,
ou répéter les demandes…
le résultat restera aléatoire.
C’est précisément là que tout se joue.
Quand les trois mondes se reconnectent
Ressenti → biomécanique → aides fines
Il y a un moment précis où tout commence à s’éclairer.
Pas parce que vous avez appris un nouvel exercice.
Mais parce que ce que vous ressentez, ce que fait le corps du cheval, et ce que vous faites avec vos aides arrêtent d’exister séparément.
Ressenti → biomécanique → aides fines
Ce n’est pas une formule abstraite.
C’est une logique de fonctionnement.
Vous ressentez quelque chose sous vous.
Vous comprenez ce que cela signifie dans le corps du cheval.
Et vous savez exactement quelle aide utiliser, à quel moment, et avec quelle intensité.
Quand ces trois dimensions sont reliées :
- vos sensations cessent d’être floues,
- vos actions deviennent cohérentes,
- et le cheval comprend beaucoup plus vite ce que vous attendez de lui.
Vous ne cherchez plus quoi faire de plus.
Vous savez quoi faire de juste.
C’est là que l’équitation devient plus légère.
Plus lisible.
Plus fluide.
Et surtout… reproductible d’une séance à l’autre.
Ce qui change immédiatement

Vous êtes à cheval, en carrière.
Rien d’extraordinaire en apparence.
Même cheval. Même lieu. Même exercice.
Et pourtant…
Vous sentez tout de suite où il est dans son équilibre.
Ce n’est plus une impression vague : vous savez si le poids est devant, s’il est prêt à se redresser, s’il peut répondre.
Avant une transition, vous n’agissez plus dans la précipitation.
Vous préparez.
Vous organisez.
Puis vous demandez.
La réponse arrive plus vite.
Pas parce que vous forcez davantage.
Mais parce que votre aide tombe au bon moment, avec la bonne intensité.
Sur le cercle, vous sentez quand il commence à tomber sur son épaule.
Vous corrigez tôt.
Discrètement.
Sans avoir besoin de “rattraper” ensuite.
Le cheval cesse de s’appuyer.
Il se porte davantage.
La main devient plus légère… parce qu’elle n’a plus besoin de tenir.
Et surtout, quelque chose change dans votre tête :
Vous ne subissez plus ce qui se passe sous vous.
Vous lisez, vous comprenez, et vous agissez.
La séance devient plus fluide.
Plus calme.
Plus logique.
La communication s’allège.
Et cette sensation-là…
celle d’un cheval qui répond à des aides presque invisibles…
commence à s’installer.
Vu de l’extérieur de la carrière,
pour quelqu’un qui vous observe monter…
On pourrait croire qu’il y a un peu de magie.
Vos aides sont devenues si fines, si discrètes,
que l’on a presque l’impression que vous ne faites rien.
Le cheval semble anticiper.
Il reste à l’écoute, disponible, présent.
De l’extérieur, on ne distingue plus vraiment
les demandes du cavalier
et les réponses du cheval.
On voit autre chose.
Un duo cavalier–cheval qui se comprend,
qui fonctionne ensemble,
en harmonie.
Et maintenant, une question essentielle…
Si cette façon de monter vous parle,
si vous commencez à entrevoir ce que peut être une équitation plus fine, plus lisible…
Il reste une question fondamentale :
👉 À quoi cela ressemble concrètement, au quotidien, quand les aides du cavalier deviennent (presque) invisibles ?
Dans le prochain article,
je vais vous emmener au cœur d’une séance,
pour vous montrer ce qui change réellement :
– dans votre posture intérieure de cavalier,
– dans la qualité des réponses du cheval,
– dans la fluidité de vos séances, semaine après semaine.
Vous verrez pourquoi, à ce stade,
ce n’est plus une question de force,
ni de quantité d’actions…
Mais de justesse, de timing et d’intention.
📅 Rendez-vous dimanche pour le troisième et dernier article de la série
De la sensation à la finesse.









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