Bonjour à tous. Ca y est vous avez pris les bonnes résolutions ?

Dadou s’active (et vous aussi) ?

Alors voilà, votre super motivation va peut-être rencontrer un premier problème : comment faire si votre cheval ne veut pas se laisser attraper ?

 

C’est effectivement un problème. D’ailleurs, quasiment à chaque fois que je fais visiter mon centre équestre à des nouveaux cavaliers, quand je leur explique que mes chevaux vivent au pré, arrive la question : «  ah oui mais comment vous faites pour les attraper ? ». Et c’est toujours assez rigolo quand je leur explique … qu’ils viennent d’eux-mêmes !!

Alors quel est mon secret ?

Est-ce que je cache le licol derrière mon dos ?

La réponse est non. Cacher le licol dans le dos est une technique que beaucoup tentent… Alors de deux choses l’une, soit mon Dadou est plus intelligent que la moyenne (soyons un peu objectif … non), soit la majorité des chevaux ne se laissent pas duper par cette technique !

Est-ce que j’ai plein de carottes au fond de mes poches ?

Je ne les utilise jamais et ce pour deux raisons :

La première des raisons est que je reçois des enfants sur mon centre équestre, dont beaucoup de petits de 2 ou 3 ans, et je ne veux pas que les poneys gourmands reniflent systématiquement les mains des petits à la recherche de nourriture. On a des risques de morsure des doigts, sans parler de la bagarre entre les poneys pour savoir qui arrivera le premier près des enfants quand ils entrent dans le pré.

La deuxième raison est simple. Je fais quoi le jour où Dadou se sauve car il a senti qu’aujourd’hui je n’avais pas de friandises ? Etre dépendant d’un « appât » pour attraper son cheval ne me plaît pas vraiment, sans compter qu’en termes d’éducation je préfère savoir que Dadou vient à moi pour me voir … plutôt que pour manger !

Alors mon secret ?

Tout simplement je vais voir mes chevaux tous les jours. Qu’il y ait cours d’équitation ou pas. Je vais voir chacun d’entre eux, je prends le temps de faire une caresse, de vérifier si tout va bien…sans pour autant les attraper ! Et c’est souvent le problème quand on a un cheval à la maison. On ne prend le temps d’aller jusqu’à lui que les jours où on voudrait le monter. Et c’est normal parce que le reste du temps, on doit aller travailler, s’occuper des enfants (certains rajouteront qu’en plus aujourd’hui il pleut, il fait froid)…. Bref on est pris par notre quotidien.

Alors essayons de nous mettre à la place Dadou. A priori, il ne travaille pas régulièrement. Alors si quand on vient, on lui met un licol, une selle, un filet … un cavalier pas forcément très souple ni léger et qu’on ne modère pas le travail (Ben oui je l’ai enfin attrapé alors j’en profite pour faire une ballade de 3 heures avec les copines !), le lendemain on se retrouve avec un Dadou tout courbaturé, qui réfléchira à deux fois avant de se laisser passer le licol…

La bonne nouvelle, c’est quand même que vous vous êtes inscrits au blog A dada mon Dadou et que d’ici quelques temps, vous aurez retrouvé la forme, vous aurez un planning qui vous aidera à « doser le travail » et que vous saurez aussi gérer les lendemains d’efforts importants ….

Mais revenons à nos moutons … euh à nos Dadous. Donc on prend 5 minutes tous les matins pour venir lui faire une petite caresse ! Et quand on le travaille on prend en compte ses capacités physiques. Dans mon club, nous avons cette philosophie : un cheval (ou un poney) ne travaille jamais plus de 2 cours à suivre, pas plus de 3 heures par jour et pas plus de 8 heures par semaine ! Alors ça vous paraît peut-être beaucoup. Sachez que pour un cheval de club (en tout cas pour les nôtres) c’est un bon équilibre. Nos Dadous gardent du pétillant dans les yeux, et prennent plaisir à travailler ! Et ce n’est pas souvent le cas, dans beaucoup de club, les poneys travaillent 5 à 6 heures d’affilé tous les mercredis et tous les samedis, parfois même sans être dessellés. (si si je vous assure ça existe !)

Alors vous allez me dire que c’est bien joli, mais que pour l’instant, c’est pas 5 minutes qu’il vous faut pour attraper Dadou mais plutôt 3 heures … et c’est normal, tout ça va venir petit à petit, vous tissez avec lui une relation de confiance !

Voici maintenant quelques techniques pour pouvoir l’attraper au début :

La plupart du temps, les chevaux ne se laissent pas attraper car ils ont peur. Soit parce qu’ils ont vécu des mauvaises expériences, soit tout simplement qu’ils n’ont pas encore assez confiance en vous. Il va donc falloir y aller doucement.

Les Dadous ont tous un point commun, c’est qu’ils sont curieux. Alors pour les attraper, il faut les intéresser !

Voici ce que je fais quand j’ai un jeune cheval au débourrage ou quand je suis appelée chez des clients pour les aider à résoudre leurs problèmes :

J’observe en rentrant dans le pré (ou même avant) sa réaction. Je regarde comment il se comporte. L’homme se déplace différemment des chevaux. Quand je vois mon cheval, je veux l’attraper, je vais droit vers lui. C’est un comportement de prédation qui est lié au fait que l’homme a les yeux devant. Le cheval lui ne va jamais droit vers son but, il n’y a qu’à le regarder marcher pour voir qu’il zigue-zague. Alors intéressons-le !

Agissez différemment : Je rentre dans le pré, je fais quelques pas vers mon Dadou, je m’arrête, et … je change de direction. Je vais un peu plus loin. Observez-le ! Il va être surpris. Au lieu de courir, il va commencer à devenir curieux, vous avez un comportement différent. Allez à nouveau vers lui, arrêtez-vous, changez de direction … et attendez peut être va-t-il être tellement intrigué que c’est lui qui va venir à vous. Cette méthode est celle que j’utilise le plus. C’est la méthode de l’approche-retrait. Renouvelez cette opération plusieurs jours de suite et vous verrez que votre Dadou va changer d’attitude, il sera plus détendu.

Ensuite ce qui est important, c’est d’avoir un bon placer corporel pour l’attraper. Je m’explique. Vos Dadous communiquent entre eux avec leur corps. Vous devez utiliser ce langage avec lui. C’est-à-dire que votre placement dans le pré aura une signification pour lui… Si vous avez la chance d’avoir plusieurs Dadous à la maison, ou même chez un voisin, un ami, prenez le temps de vous asseoir à l’extérieur du pré et observez comment les liens de hiérarchie se mettent en place. Que se passe-t-il  quand ils vont au bac de d’eau ? Quand on leur donne à manger ? Quand ils jouent ? …. Ce thème sera l’objet d’un prochain article détaillé. En attendant sachez que quand votre corps est orienté vers les hanches de votre cheval, vous l’incitez à avancer, alors que lorsque vous vous tournez vers ses épaules ou vers sa tête cela stoppe votre cheval et cela même si vous êtes à 30 mètres de lui.

Votre Dadou s’est arrêté, il attend. Alors approchez-vous doucement. Un pas, voyez sa réaction, un pas, il est détendu, mâchouille, faites un autre pas. Pensez à votre détendre, à souffler et à sourire à votre cheval. Eh oui, ça paraît bête mais il vous laissera approcher si vous êtes détendu et bienveillant à son égard plutôt que si vous lui courrez après, les sourcils froncés et en lui criant des noms d’oiseaux … ( ben oui ça arrive à tout le monde …  je sais pas si vous avez remarqué qu’en plus c’est toujours le jour où vous êtes pressés, parce que vous partez en concours ou parce que c’est le jour du maréchal-ferrant ou du véto que votre Dadou ne se laisse pas attraper …le fait- il exprès ? … Ou est-ce que votre corps lui envoi des signaux de stress ?)

Une fois que je suis à côté de mon Dadou (enfin !!) ce n’est pas le moment de tout gâcher en lui sautant à l’encolure pour lui mettre le licol d’un coup. Je sais c’est tentant mais votre cheval vous a permis de l’approcher, ne gâchez pas ce premier acte de confiance, sinon vous êtes reparti pour tout recommencer demain … donc je le caresse doucement à l’encolure. S’il essaie de partir, je laisse faire. Puis je recommence un peu plus loin ma technique d’approche, et doucement je pose ma longe sur son encolure. Là encore je ne le bloque pas. Il part, tant pis. Je prends mon mal en patience et je recommence. Puis je lui mets le licol, je caresse, je fais quelques pas avec lui … j’enlève le licol et je m’en vais. Eh oui, c’est tout, vous avez atteint votre objectif.

Cela peut paraître un peu fastidieux comme ça mais gardez à l’esprit que vous travaillez pour le long terme. Vous installez des bases solides, et cela deviendra ensuite de plus en plus facile.

Et si votre voisin, votre mari (ou femme) vous dit «  mais tu perds ton temps, tu tends une corde dans un angle du pré, tu l’enfermes, tu le bloques et tu lui mais le licol, point barre ! On ne va quand même pas y passer 3 heures ! », Gardez à l’esprit qu’en prenant votre cheval par surprise, certes vous allez peut-être réussir à l’attraper une fois mais dans le stress et la contrainte, et que chaque fois, il sera de plus en plus difficile de l’attraper, il est même fort probable qu’un jour il casse la corde et vous échappe.

Avec du temps et de la bienveillance, vous créez du lien avec votre Dadou. D’ici quelques temps, il viendra vous voir de lui-même, et lorsque vous rencontrerez une difficulté quand vous serez sur son dos, il saura vous faire confiance !

Une autre technique d’approche

Dans la même philosophie, cela consiste à se mettre assis ou accroupis dans le champ et tout simplement d’attendre que Dadou soit gagné par la curiosité (ils y viennent tous à un moment ou un autre) et vienne vous rejoindre et vous sentir. J’utilise aussi cette méthode avec les chevaux vraiment compliqué pour qui toute tentative d’approche est vécue comme un stress. J’émets tout de même un bémol … faites attention à vous quand le cheval vous approche. Il va venir mais reste quand même sur ses gardes, il suffirait d’un bruit extérieur ou d’un mouvement un peu brusque de votre part pour faire repartir le cheval au galop, et il ne faudrait pas se mettre en danger et recevoir un coup de pied. De même, attention à la réaction de Dadou, qui ne sachant pas trop ce que vous faites là, serait tenté de vous pousser d’un coup d’antérieur pour voir ce qui se passe (là ça sent le vécu … oui ça m’est arrivé avec un poney shetland !)

 Celui d’un cheval plutôt dominant et agressif.

Vous pourriez aussi vous retrouver face à cet autre casCela m’est arrivé avec une jument au débourrage qui tournait la croupe vers moi ou me chargeait pour me sortir du champ … (une carne, non ! nous avons découvert par la suite qu’elle avait un gros problème de dissymétrie au niveau des mâchoires et donc des grosses douleurs. Du jour où elle a vu le dentiste, c’est devenu un petit agneau !)

Avant tout vous devez signifier à votre cheval que c’est un comportement intolérable. Ne tentez pas de l’approcher quand même, vous risqueriez une blessure. Lorsque cela m’arrive, je repousse le cheval, comme le ferait un cheval dominant avec un autre qui viendrait l’attaquer. Alors, je prends mon licol et ma longe et fais des grands mouvements avec, ou lève les bras … en tout cas vous devez faire fuir le cheval pour lui signifier que c’est vous le « cheval » dominant et qu’il doit respecter vos limites. Puis recommencez à l’aborder, si l’agressivité revient, re- chasser-le …normalement au bout de quelques temps le cheval se figera et vous pourrez l’aborder avec précaution. Il faut savoir que dans la nature un cheval qui est chassé du troupeau est un cheval perdu. Lorsque vous lui signifiez que vous êtes le dominant et que vous le chassez, cela provoque un stress chez lui et il fera tout ensuite pour être accepté de vous. C’est une méthode qu’utilisent certaines personnes en équitation éthologique. A mon sens à utiliser seulement avec ces chevaux agressifs, rien ne sert de provoquer du stress chez votre Dadou si son comportement n’a rien d’agressif. Si c’est le cas, je vous conseille tout de même de ne pas aller dans le pré seul(e) et de vous faire aider par une personne expérimentée.

 

RESUME DES POINTS CLES :

  • Observer votre Dadou

  • Attirez son attention

  • Prenez votre temps

  • Répétez l’exercice

 

Bonne expérimentation ! Et n’hésitez pas à nous la faire partager dans vos commentaires !

 

Aurélie

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