Là où j’habite, en Normandie, il y a beaucoup de prairies où pâturent tranquillement des vaches, des taureaux, des moutons…et des chevaux, avec des systèmes de clôtures très diverses. Lorsque que je m’ennuie en voiture, il m’arrive souvent de faire un jeu. Je précise que j’ai le mal des transports quand je ne conduit pas, il faut donc que je me concentre sur autre chose !

Bref, je regarde une pâture (ou un “champ” comme on dit par cheux nous) et je m’amuse à deviner qui en est l’occupant. C’est très facile : Si il y a des fils blancs détendus de piquets en plastique à piquets en plastique (blanc), que le terrain sur-pâturé est jonché de doches, euh pardon de rumex, que les ronces s’emmêlent de ci-delà avec le fil et qu’il y a du foin à même le sol dans la boue …devinez qui habite ici ? Eh oui, dans 99% des cas, c’est un cheval !

De bonnes clôtures, que du plus !

Notre ami équidé est un herbivore, il serait pourtant judicieux qu’en tant que cavalier et propriétaire attentionné, que nous nous concentrions sur la qualité de nos herbages et de nos clôtures pour avoir des chevaux en pleine santé. Eh oui, car qui dit sur-pâturage, dit parasites. Qui dit zones de refus non entretenues suppose d’être obligé de complémenter votre cheval. Et qui dit mauvaises clôtures suppose bien sûr des risques d’accidents.

Je vous propose donc une petite série d’articles pour mieux gérer vos pâtures, en vous faisant profiter de mon expérience et des différentes formations que j’ai suivie, à la chambre d’agriculture notamment, pour devenir auto-suffisant.

Dans ce première article, je voudrais avant tout faire un zoom sur les clôtures.

Zoom sur les clôtures

Quand on réalise sa première clôture, pour des raisons de temps, de budget, et de facilité, on a plutôt tendance à faire des clôtures le plus près possible des talus, avec des petits piquets en plastique ou en métal. On ajoute un ruban électrique blanc, pour que les chevaux le voient bien et ont clôt la plus grande parcelle possible, pour être tranquille longtemps !

(Et en secret, on rêve plutôt de ça, en se disant “Ah, si j’avais des sous !!”)

 

Quels sont les désavantages de notre première clôture ?

  1. On choisit des rubans plutôt larges pour être voyants. Bonne idée sauf que les rubans ont une grande prise au vent et nécessitent d’avoir des piquets solides, bien enfoncés et très peu espacés.
  2. Comme nos piquets sont peu enfoncés dans le sol, notre ruban vole au vent et il se crée des micro-coupures sur les fils du ruban, ce qui fait que le courant passe moins bien ou plus du tout.
  3. On se rapproche trop des talus, ce qui fait que dès le début du printemps, nos fils vont être pris par la végétation. (Même si on s’est promis juré craché de faire une heure de débroussaillage tous les jours …ça sent le vécu, non ?)
  4. On donne un trop grand espace. Les chevaux vont piétiner tout l’espace. La repousse de l’herbe va être drôlement ralentie. Les chevaux vont donc gratter l’herbe trop bas, ce qui va favoriser l’apparition des plantes nuisibles, type rumex et faire des zones de refus de plus en plus grandes.
  5. On laisse les chevaux piétiner tout l’hiver, ce qui fait que d’année en année, le terrain s’appauvrit.

Mes 7 conseils pour faire une bonne clôture :

  1. Acheter des piquets en bois, d’une large section, qui pourrons rester en place pendant vingt ans. Personnellement, j’utilise des piquets en châtaigner, d’une hauteur de 2m et d’une section de 15 cm en moyenne.
  2. Planter les piquets tous les 5 mètres maximum et tous les 10 mètres si vous êtes le long d’un talus fourni.
  3. Enfoncer les piquets du tiers de leur hauteur.
  4. Mettre au minimum 2 hauteurs de fils.
  5. Avoir une bonne prise terre et une bonne clôture électrique. Si cela est possible pour vous, branchez le courant sur secteur. Sinon, utilisez des clôtures où vous pouvez mettre des batteries rechargeables. J’ai pour ma part plusieurs clôtures de chez La Sanglière (Je précise que je n’ai pas d’actions ni d’avantage quelque conque chez eux). Elles sont très bien mais à mettre à l’abri des regards…
  6. Bien espacer les fils des talus. Cela peut paraître de l’espace perdu quand le terrain est bien éparé mais cela vous facilitera la vie pour entretenir dès l’arrivée du printemps.
  7. Faites différentes parcelles dans votre terrain pour pouvoir avoir une rotation de pâture et ainsi limiter le piétinement et garantir une bonne qualité d’herbe toute l’année. Je reviendrais dans un autre article sur les surfaces et la gestion des parcelles.

Un outil magique pour des clôtures au top et résistantes dans le temps : l’enfonce-pieux

Rangez votre barre à mine et votre masse ! On veut souvent aller à l’économie en faisant tout soit même mais je vous assure que vous gagnerez du temps et de l’énergie à utiliser un enfonce-pieux. Peut-être votre voisin agriculteur en a t-il un dans sa ferme. Faites les clôtures ensemble et remerciez-le avec un bon repas ! Peut-être y a t-il une Cuma dans votre commune et que vous pourriez emprunter l’enfonce-pieux. Il y a aussi des entreprises de location qui ont des enfonce-pieux, en moyenne pour 60 € la journée.

Il y a plusieurs avantages à l’utiliser :

  • Vous pourrez enfoncer vos piquets du tiers de leur hauteur facilement
  • Vous serez moins fatigués le soir
  • Vos clôtures seront bien alignées (et du coup votre fil mieux tendu)
  • Vos piquets seront ainsi en place pour très longtemps.

Voici une petite vidéo de l’enfonce-pieux en action ! Il suffit d’être deux : un au volant du tracteur (moi) et un à l’enfonce-pieux (mon mari). Avec un bon coup de main, vous planterez une quinzaine de piquets en une demi-heure !

Fil ou lices de bois

Evidemment, si vous avez les moyens, j’ai envie de vous dire lices de bois. C’est ce que nous avons fait autour de notre écurie. Cela fait classe, c’est efficace et joli. Mais ça coûte cher. Donc si vous avez une petite surface (ou que vous êtes riches) je vous le conseille. Attention tout de même à ajouter un fil électrique sur une hauteur pour ne pas que les chevaux grignotent les lices ou se frottent les fesses dessus.

Si vous êtes comme le commun des mortels et/ou que vous avez une grande surface à clôturer, vous pouvez soit :

  1. Mettre du ruban. Pour ma part, je n’utilise plus de ruban électrique car il faudrait vraiment de la très bonne qualité pour que cela soit résistant dans le temps. Pour avoir reçu des échantillons, les rubans de chez La Sanglière me paraissent très costauds mais ils sont assez onéreux pour moi car j’ai environ 15 hectares de terrain à l’entretien.
  2. Mettre du fil de fer galvanisé. Personnellement, j’utilise du fil torsadé assez épais (des fils de téléphone très costaud car j’ai une usine près de chez moi et il est possible d’acheter des chutes de plusieurs centaines de mètres au kilo !). Les chevaux le voient bien si le fil est bien tendu et qu’il y a plusieurs hauteurs. Il est donc impératif d’utiliser des tendeurs à chaque ligne et sur chaque hauteur.
fil-clôture-torsade

fil de clôture galvanisé torsadé

L’entretien ?

Pendant 10 ans, nous avons entretenu nos talus à la débroussailleuse. C’est fatiguant, usant pour le dos et il faut y revenir souvent. Depuis maintenant presque deux ans, nous faisons venir deux fois par an un entrepreneur avec une épareuse. Certes, il faut payer la personne 50 à 60 € de l’heure environ. Mais en une heure, elle en fait du boulot ! On est vraiment gagnant car on ne puise pas dans nos réserves d’énergie (car gérer un centre équestre, c’est lourd) et ça nous laisse du temps pour faire d’autres choses (comme écrire un article de blog !)

Vous avez toujours l’option si vous avez un tracteur d’acheter votre propre épareuse. C’est un investissement, de l’entretien et cela demande du temps.

Si vous faites venir un entrepreneur, pensez à bien éloigner les fils des talus comme ça vous n’aurez même pas besoin d’enlever les fils pour qu’il puisse travailler !

Voici une petite vidéo que j’ai trouvé sur le web d’une épareuse en action !

Voilà, j’espère que ces petits conseils vous aideront à avoir de bonnes clôtures costauds et sécurisantes pour vos chevaux. Dans d’autres articles, je vous parlerais des surfaces et des parcelles à créer pour mieux optimiser vos clôtures ainsi que de l’entretien saisonnier pour devenir auto-suffisant avec vos chevaux.

Ah oui au fait, en parlant clôture et herbage, si vous avez des soucis pour attraper votre cheval au pré, pensez à lire cet article où je vous donne des petites astuces pour vous aider au quotidien.

Si vous avez aimé cet article ou si vous pensez qu’il pourrait aider un de vos amis, partagez-le !

Bonne clôture et à bientôt !

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