Quand tenir à cheval ne suffit plus pour progresser (1/3)

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Il arrive un moment dans la vie d’un cavalier où tout semble en place…

et pourtant, la progression ralentit. (Cet article est le tout premier d’une série : De la sensation à la finesse, 3 articles pour comprendre ce qui change vraiment dans votre équitation)

Cette sensation bizarre : “je monte… mais je n’avance plus”

Cavalière débutante vue de dos en carrière, illustrant la phase où le cavalier se concentre principalement sur sa position et son équilibre à cheval.

Les signes que vous êtes exactement à ce moment-là

Objectivement, tout va plutôt bien.

Vous êtes à l’aise au pas, au trot et au galop.
Vous n’êtes plus “en mode survie”. Vous ne montez plus uniquement en pensant “pourvu que je ne tombe pas”.
Vous accompagnez le mouvement. Vous pouvez suivre une reprise sans appréhension majeure.

Et surtout, quelque chose de nouveau est apparu :
vous commencez à sentir votre cheval sous vous.

Même si ces sensations sont encore floues.
Même si vous n’arrivez pas toujours à les expliquer.

Vous sentez quand votre cheval s’appuie un peu trop.
Quand il se déséquilibre dans un tournant.
Quand il répond… mais pas complètement.

Parfois, vous avez de très bonnes séances.
Tout semble fluide, logique, presque facile.
Puis, à la séance suivante, tout redevient plus instable, plus approximatif.

Vous obtenez parfois ce que vous voulez…
mais pas de façon reproductible.

Et c’est souvent là que cette pensée traverse l’esprit, sans toujours être formulée clairement :

“Avant, je me concentrais sur moi, sur ma position, sur tenir.
Maintenant… je sens qu’il se passe des choses sous moi, mais je ne sais pas quoi en faire.”

Ce que vous vous dites (et que vous n’osez pas toujours avouer)

À ce stade-là, ce n’est pas la peur qui domine.
Ce n’est pas non plus le découragement franc.

C’est quelque chose de plus subtil.

Vous vous dites que vous devriez y arriver.
Après tout, vous montez depuis un moment.
Vous connaissez les bases.
Vous comprenez les consignes.

Et pourtant…

“Je devrais y arriver… mais je ne sais pas ce qui manque.”

Vous n’avez pas l’impression d’être mauvais(e).
Ni de faire n’importe quoi.
Juste… d’être bloqué(e), sans comprendre où ni pourquoi.

“On me dit quoi faire,
mais je ne comprends pas vraiment pourquoi ça marche… ou pourquoi ça ne marche pas.”

Alors vous appliquez.
Vous essayez.
Vous corrigez comme on vous l’a demandé.

Mais sans cette sensation de maîtrise qui permet d’ajuster par vous-même.
Sans cette clarté qui donne le sentiment d’avancer vraiment.

Et parfois, une pensée s’impose, un peu gênante, un peu frustrante :

“J’ai l’impression de passer à côté d’un truc.”

Pourquoi cette phase est frustrante

Au début de l’apprentissage, la progression est très visible.

Vous voyez clairement ce qui change :
vous tenez mieux en selle,
vous perdez moins vos étriers,
vous arrivez à galoper,
vous rebondissez moins au trot.

Chaque progrès est concret, mesurable, rassurant.

Mais à ce stade-ci, tout devient différent.

La progression existe toujours…
mais elle est plus subtile, plus fine, moins spectaculaire.

Il ne s’agit plus de tenir,
mais de comprendre,
de sentir,
d’agir avec justesse.

Et comme ces progrès-là se jouent dans le détail —
dans le timing,
dans l’intention,
dans la coordination des aides —
ils sont beaucoup plus difficiles à identifier seul(e).

Résultat :
vous avez l’impression de stagner,
alors qu’en réalité, vous êtes en train de changer de niveau. Ce n’est pas que vous n’avancez plus.
C’est que vous êtes entré(e) dans une phase où l’équitation devient moins visible…
et beaucoup plus exigeante intérieurement.

Le mythe du débutant : “quand je tiendrai sur mon cheval, je saurai monter”

La croyance de départ (100% normale)

Quand on débute l’équitation, on a une vision très simple — et très logique — de ce que signifie savoir monter à cheval.

Monter, c’est réussir à rester en selle.
Monter, c’est être capable de suivre le pas, le trot, puis le galop.
Monter, c’est ne plus avoir peur, ne plus perdre l’équilibre, ne plus subir.

Et quand on y arrive enfin, après des semaines ou des mois d’efforts,
on a naturellement l’impression d’avoir atteint le but.

“Ça y est, je tiens sur mon cheval. Je sais monter.”

Ce raisonnement est parfaitement compréhensible.
Parce qu’au début, tenir est un défi immense.
Physique, émotionnel, mental.

Les lecteurs qui ont lu cet article ont aussi lu :  Rebondir au trot : les 2 erreurs qui vous empêchent de vous stabiliser (et comment les corriger)

Et quand on débute, on n’imagine pas une seule seconde
que ce n’est là… que la toute première étape.

Ce que cette croyance produit dans les premières années

Puisque “savoir monter” est associé au fait de tenir en selle,
toute l’énergie du cavalier se concentre au même endroit.

Sur sa position.
Sur ses étriers.
Sur ses mains.
Sur son équilibre.
Sur sa respiration.

Chaque séance a, consciemment ou non, le même objectif :
réussir à rester stable et en contrôle de son propre corps.

Le cheval, dans cette phase, est surtout perçu comme quelque chose
sur lequel on apprend à se tenir,
à se coordonner,
à trouver ses repères.

Et c’est normal.
Car tant que cette stabilité n’est pas acquise,
le cavalier n’a ni la disponibilité mentale,
ni la finesse corporelle
pour aller plus loin.

Pourquoi cette phase est indispensable (et même admirable)

Cette étape est non seulement nécessaire,
elle est fondatrice.

Elle demande du courage.
De la persévérance.
Une vraie capacité à se confronter à ses peurs, à ses limites, à son corps.

C’est grâce à cette phase que le cavalier :

  • apprend à écouter ses sensations,
  • développe son équilibre,
  • construit une base de confiance solide.

Sans elle, rien ne serait possible ensuite.

Mais ce que l’on réalise plus tard — souvent sans y avoir été préparé —
c’est que tenir sur son cheval n’est pas la finalité. C’est le point de départ d’une aventure bien plus vaste,
où l’équitation ne consiste plus seulement à rester en selle…
mais à agir et inter-agir avec un cheval vivant,
avec finesse, intention et compréhension.

Le vrai tournant : quand votre attention passe de “moi” à “lui”

Cavalière en extérieur illustrant une phase de transition où le cavalier commence à ressentir son cheval sans encore maîtriser des aides fines et précises.

Ce qui change concrètement dans votre tête (et dans votre corps)

À un moment, sans que vous l’ayez vraiment décidé,
votre attention commence à se déplacer.

Vous n’êtes plus uniquement concentré(e) sur votre position.
Vous ne pensez plus seulement à tenir, suivre, accompagner.

Vous commencez à percevoir ce qui se passe sous vous.

Vous sentez quand votre cheval s’appuie.
Quand il accélère au lieu de s’équilibrer.
Quand il “tombe” un peu dans les courbes.
Quand il répond… mais à moitié.

Ces sensations deviennent de plus en plus présentes.
De plus en plus évidentes.

Mais à ce stade, quelque chose manque encore.

Vous ne savez pas toujours :

  • comment interpréter ce que vous sentez,
  • quoi corriger en priorité,
  • par où commencer.

Alors vous ressentez beaucoup…
sans encore savoir comment transformer ces sensations en actions justes.


C’est exactement là que tout bascule.

Vous avez dépassé le stade où il fallait juste tenir.

Et une nouvelle porte s’ouvre devant vous.

Celle où le cavalier ne se contente plus d’accompagner…
mais commence à agir.

Cette prise de conscience est souvent discrète.
Mais elle marque un vrai tournant dans le parcours du cavalier.

Ce que vous découvrez (souvent avec surprise)

À ce moment-là, on réalise quelque chose d’essentiel.

Monter à cheval, ce n’est pas simplement être dessus.
Ce n’est pas seulement suivre un mouvement.

Monter, c’est influencer l’équilibre d’un être vivant et coopérer avec lui.

Peu à peu, vous comprenez que vous avez un impact direct sur :

  • la direction,
  • la cadence,
  • l’équilibre,
  • la locomotion de votre cheval.

Et cette découverte est à la fois enthousiasmante…
et profondément déroutante.

Parce qu’elle ouvre un champ immense de possibilités.
Mais aussi de questions.

Et c’est tout à fait normal.

Les symptômes typiques de ce plafond invisible 

À ce stade, la sensation de stagnation ne vient pas de nulle part.

Elle s’exprime très concrètement… dans le travail quotidien avec votre cheval.

Dans la direction et dans les trajectoires

Votre cheval coupe les coins.
Il se couche dans les courbes.
Vous avez l’impression de devoir corriger en permanence.

Le cercle n’est jamais vraiment rond.
Jamais vraiment stable.
Même quand vous faites “tout ce qu’il faut”.

Et malgré vos efforts,
vous sentez que la trajectoire reste approximative.

Dans les transitions

Quand vous demandez un arrêt,
il met du temps à répondre.

Parfois, il résiste.
Parfois, il s’appuie dans la main.
Parfois encore, il se précipite au lieu de se rééquilibrer.

Les lecteurs qui ont lu cet article ont aussi lu :  Équitation adulte : et si le vrai problème, c’était la pédagogie inadaptée ?

Vous avez beau anticiper, préparer, accompagner…
la transition manque de netteté.
De précision.

Au galop

Les départs ne sont pas toujours francs.

Il part au grand trot.
Ou sur le mauvais pied.
Ou vous doutez, sans être certain(e) de ce que vous sentez.

Et même quand le départ “passe”,
il manque souvent cette sensation de stabilité et de légèreté que vous recherchez.

Dans votre ressenti

Vous sentez qu’il y a quelque chose à améliorer.
Vous sentez que ce n’est pas très loin.

Mais vos actions ne sont pas encore assez précises
pour produire un changement clair et durable.

Et surtout…
rien n’est vraiment constant d’une séance à l’autre.

Une fois ça fonctionne.
Une fois moins.
Sans que vous sachiez exactement pourquoi. C’est ce mélange-là —
des sensations présentes,
des résultats irréguliers,
et l’impression de “tourner autour” sans passer le cap —
qui crée ce fameux plafond invisible.

Pourquoi ce n’est pas “vous qui êtes nul(le)” (et pourquoi c’est même plutôt bon signe)

Parce que votre problème a changé de nature

Au début de l’apprentissage, les difficultés sont très claires.

Le problème, c’est la stabilité du cavalier.
Tenir en selle.
Suivre le mouvement.
Gérer son équilibre et ses émotions.

Mais aujourd’hui, ce n’est plus là que ça se joue.

Votre difficulté n’est plus de tenir.
Elle est devenue une difficulté de lecture et de précision.

Vous percevez plus de choses qu’avant.
Vous sentez quand quelque chose se dérègle.
Mais vos aides ne sont pas encore assez fines pour traduire ces sensations en actions justes.

Ce n’est pas que vous avez “moins de niveau”.
C’est exactement l’inverse.

Vous avez plus de conscience.

Parce que vous êtes dans une zone de transition

Vous êtes dans un entre-deux.

Vous avez des sensations nouvelles.
Mais vos outils — vos aides, votre timing, votre compréhension —
ne sont pas encore totalement alignés avec ces sensations.

Résultat :
vous vous sentez parfois entre deux mondes.

Plus vraiment débutant(e).
Pas encore pleinement à l’aise dans une équitation de précision.

Et cette zone est inconfortable.
Parce qu’elle n’est ni évidente, ni spectaculaire.

Parce que c’est une étape que beaucoup vivent… sans mots pour la nommer

Beaucoup de cavaliers passent par là.
Mais peu savent mettre des mots dessus.

Alors, quand ça bloque,
quand la progression ralentit,
on pense naturellement que le problème vient de soi.

“Je devrais y arriver.”
“Les autres y arrivent, pas moi.”

Alors qu’en réalité,
ce que vous vivez est une étape normale de l’apprentissage.

Une étape clé.
Une étape charnière.Et surtout, une étape qui annonce la suite.

La vraie question à se poser

Cheval monté en carrière avec un meilleur équilibre, illustrant la possibilité d’une équitation plus fine et plus précise grâce à des aides justes.

Pas : “quel exercice je dois faire de plus ?”

À ce stade, la tentation est grande de chercher encore un exercice.

Un nouvel enchaînement.
Une consigne supplémentaire.
Une correction plus appuyée.
Ou quelqu’un qui vous dirait quoi faire… plus fort, plus vite.

Mais ce n’est pas de ça dont vous avez besoin.

Vous n’avez pas besoin :

  • d’empiler les exercices,
  • de forcer davantage,
  • ni de vous faire corriger toujours plus.

Mais plutôt : “qu’est-ce que je dois comprendre sous moi ?”

La vraie question n’est plus quoi faire de plus.
Elle devient :

Qu’est-ce que mon cheval fait réellement dans son corps ?
Qu’est-ce que je ressens exactement quand ça se déséquilibre ?
Et surtout : qu’est-ce que je dois apprendre à influencer ?

Parce que tant que ces questions restent floues,
vos actions resteront approximatives.
Même avec de la bonne volonté.
Même avec de l’expérience.


Ce que nous allons éclairer dans le prochain article

Dans le prochain article,
je vais vous montrer ce qui se passe réellement dans l’équilibre et la locomotion d’un cheval.

Et surtout,
pourquoi beaucoup de “problèmes techniques” —
en direction,
dans les transitions,
au galop —
deviennent soudain beaucoup plus logiques quand on comprend ça.

Vous allez mettre des mots sur ce que vous ressentez.
Comprendre pourquoi votre cheval réagit comme il le fait.
Et commencer à voir vos difficultés… sous un tout autre angle.

👉 Rendez-vous dans le prochain article.

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Bonjour, je suis Aurélie Seguin, Cavalière depuis mes 5 ans et monitrice d’équitation depuis + de 15 ans. Je dédie ce blog à tous les cavaliers désireux d’apprendre à bien s’occuper de leur Dadous.